Psycho : l’entonnoir de l’ennui – bore out médical

Attention à lire les consignes avant de lire toute page d’un site santé !

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Comme nous en parlons plus en détails et avec un peu de discrétion dans la page traitant du parallélisme entre ordinateur et cerveau, chaque personne dispose d’une capacité personnelle ou disposerait selon certains, de capacités plus fortement stimulées… Toute personne qui dispose de facilités d’apprentissage ou d’envie marquée à apprendre, ne peut sans conséquence travailler en sous-régime. C’est ce qui sera appelé Bore-out chez l’adulte mais qui, selon nous, est l’une des sources de TDA chez l’enfant notamment si, avec un peu de caractère (dominance initiale), il ne s’efface pas suite à des phrases assassines du type Pas comme ça ! (développement en cours).

La santé mentale touche l’ensemble des secteurs privés et professionnels, y compris celle des soignants et plus particulièrement des prescripteurs. Le Bore-out des autres secteurs est développé dans d’autres pages. Ce qui suit vise à promouvoir une médecine à l’écoute de chacun, y compris des praticiens eux-mêmes. Certains points ne seront pas détaillés ici pour ne pas donner du crédit à celui qui porte plainte pour tout et n’importe quoi après avoir suivi quelques séries américaines ou quelques émissions méchantes et surtout stupides (…). Ces points pourront être développés sur demande aux thérapeutes ou structures qui souhaitent faire évoluer la santé de leurs confrères.

Le parcours d’un médecin tout comme de l’ingénieur est la plupart du temps, celle d’un enfant réussissant à l’école assez bien voire facilement qui sera poussé par influences répétées à suivre de ce fait, les matières/options considérées comme les plus difficiles (sciences-maths / latin/maths/grec/science, etc.). Ce qui peut s’avérer assez sain puisque le sous-régime cérébral est selon nous, hors trauma majeur, une des sources de difficultés psychiques de pas mal d’enfants (à suivre ultérieurement).

Cet enfant, par ses facilités, aura parfois subi le harcèlement ou tout au moins n’aura pas vécu aisément les relations humaines. Il s’abritera dès lors plutôt vers les pratiques cartésiennes voire il développera un comportement un brin misanthrope. Ce profil là sera plutôt orienté par son entourage et professeurs, la plupart du temps inconsciemment, à devenir ingénieur civil. Celui qui s’appuie encore un peu sur son empathie, lui, s’orientera plus régulièrement vers la médecine. Celui qui, par son instinct de survie, souhaitera avoir un pouvoir sur autrui choisira parfois également cette profession avec un penchant toxique (c’est une minorité mais présente malgré tout). Cette tendance s’accentuera malheureusement avec le temps bien souvent.

Pour faire court, cet enfant aimait apprendre et en demandait encore plus au point même d’agacer le professeur incompétent. Il voulait en savoir plus et plus encore. Arrivé en médecine, il a appris des matières lui ouvrant des horizons assez intéressants. Après sept années accomplies ou un peu plus dans certains cas, son choix se porte sur la pratique générale ou la spécialisation. Les étudiants plus proches de l’être humain sans doute choisissent souvent la médecine générale, tandis que d’autres, en quête de connaissances approfondies ou de reconnaissance grégaire, optent pour la spécialisation. Les toxiques devenus pleinement narcissiques, eux, suivront souvent ce même chemin malheureusement.

Après quelques années, lorsque le généraliste commence à s’ennuyer ou trouver un manque dans sa connaissance, il peut diversifier sa pratique au gré de ses interrogations par des formations. Il peut suivre une formation d’ostéopathie, de médecine chinoise, d’homéopathie, etc. Le spécialiste lui, lorsqu’il fait le tour intellectuellement de sa spécialisation, il est poussé par le système hospitalier ou sa pensée à apprendre plus encore. Il se dirige alors vers l’hyperspécialisation. L’entonnoir soutenu par une rhétorique professionnelle parfois nécessaire commence à se former alors …sans pour autant se fermer pour chaque praticien.

Entonnoir encore facile à enjamber…

Après quelques années d’hyperspécialisation, les patients en consultation racontent pratiquement toujours les mêmes symptômes et les traitements ne diffèrent guère de consultation en consultation, de quart d’heure en quart d’heure. De ce fait, les consultations se raccourcissent souvent de plus en plus que l’ennui est grand, le médecin connaissant déjà les mots et les maux du patient. Le thérapeute est exaspéré par la répétition de ces demandes. L’entonnoir est formé. Quel plaisir intellectuel le médecin peut-il trouver encore à cette répétition alors qu’il apprend depuis son plus jeune âge ? Je me rappelle quelques exemples de patients dit culottés qui étaient mieux reçus que les autres patients par un médecin dit désagréables parce que ce premier réveillait la curiosité du dernier …mais qu’advient-il du patient qui est suivi dans un relâchement intellectuel pour un symptôme courant et qui n’aura pas été interrogé sur un potentiel voyage à l’étranger ? Qu’adviendra-t-il s’il a ramené avec lui un petit Ophidascaris robertsi ou une autre misère que la nature a inventé ? Qu’adviendra-t-il du patient quand l’ennui pousse à suivre des théories fumantes de transgénérationnalité parce qu’elles sont écrites par la rhétorique attendue par un esprit brillant mais insatisfait ?

Si l’on suit la théorie de l’engagement, il est de plus en plus difficile de remettre en question sa situation ou de revenir en arrière avec autant d’années d’études et de pratiques ainsi que de reconnaissance grégaire. Cette remise en question est d’autant plus difficile que le système mis en place dans la plupart des hôpitaux ne permet pas à un spécialiste de traiter une autre zone que celle limitée par son statut officiel. Comme l’instruction universitaire et la fonction poussent les médecins à se considérer en position dite haute (notamment par le titre, l’autorité et les responsabilités) et comme l’étudiant avait été souvent déjà mis dans cette position durant les classes secondaires voire primaires, les médecins peinent bien souvent à confier leur désarroi, leur ennui voire leur lassitude et d’autant plus s’ils ont subi le harcèlement dans leur parcours scolaire. Ils tiennent le coup tant que possible en silence quand cet état est conscient. Quand la lutte est inconsciente, ils augmenteront fortement leurs prestations pour trouver des moyens de plus en plus originaux pour se divertir d’autant plus convaincu d’avoir le droit de le réaliser que la Société associe réussite ou qualité au revenu oubliant ainsi les raisons premières qui ont poussé la plupart à faire la médecine. Grâce à de forts revenus, le thérapeute sera plus difficilement en droit moral de se plaindre. Le cercle vicieux devenu tourbillon dans l’entonnoir tournera de plus en plus vite.

En recherche inconsciente du plaisir intellectuel, ils pourront d’ailleurs parfois se comporter comme des gamins dans une cour de récréation lorsqu’une conférence sur un sujet peut leur apporter de nouvelles informations. Il y a d’ailleurs beaucoup à dire sur certains appareils ou formations qui n’apportent pas grand chose hormis de l’espoir d’un nouvel apprentissage (…). C’est assez drôle à voir d’ailleurs voire mignon. Si le plaisir intellectuel ne domine ou n’entraîne pas un ensemble de questions en chaîne, certains commenceront en parallèle à un changement de comportement à déprimer voire à commettre des erreurs voire des fautes médicales.

Heureusement cette situation ne touche pas l’ensemble du corps médical. Elle concernera surtout celui qui aura basé sa vie sur l’apprentissage de données d’autrui. Celui qui dispose d’un esprit de recherche continuera à s’amuser sans doute jusqu’à l’âge bien passé de la pension. Celui qui aime transmettre gardera lui aussi le feu sacré sans doute. Ce n’est pourtant pas des facultés dont chacun dispose avec talent.

C’est la raison pour laquelle nous suggérons de revoir le mode de fonctionnement de l’hyperspécialisation en médecine et des employés qui en dépendent.

Chaque personne devrait pouvoir s’arrêter quelques mois pour suivre une autre branche de l’hyperspécialisation ou passer dans un autre service. Prenons le chirurgien de la main qui pourrait après quelques années de chirurgie de cette extrémité, pouvoir suivre ses collègues spécialistes de l’épaule via une formation de rappel et travailler à nouveau une épaule comme il l’aura fait quelques fois durant sa formation initiale. Un bel exemple est celui d’un chirurgien qui s’était arrêté pour se former à (re)devenir urgentiste…

Sans changement, le risque d’incidents pourrait augmenter, d’autant plus que l’intelligence artificielle remet en question l’indispensabilité, malgré des dizaines d’années d’études et de pratiques cumulées, de certaines expertises ultraspécialisées. D’ici peu, l’IA une fois bien paramétrée, n’oubliera aucune exception dans le diagnostic différentiel. L’IA ne loupera pas un point millimétrique cancéreux sur une imagerie médicale. La chute sera grande pour ceux qui n’auront pas appris à travailler autrement…

Il est crucial de reconnaître et d’adresser ce bore-out médical pour maintenir non seulement la santé mentale des praticiens, mais aussi la qualité et la sécurité des soins prodigués aux patients.

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