Droit et/ou devoir : Le droit de ne pas avoir d’enfants

Ne pas avoir d’enfants : une réflexion sociale et collective
Dans nos sociétés modernes, l’idée d’avoir des enfants semble parfois considérée comme un passage obligé, un devoir tacite inscrit dans les normes sociales et les traditions mais sans doute dans le cadre cette page, devons-nous relever comme nous le faisons dans la plupart des pages qu’il s’agit initialement d’un besoin animal de reproduction contextualisé depuis bien longtemps notamment pour que l’animal vieillissant soit protégé par sa descendance.
Seulement, le contexte ayant fortement changé sur certains points, il est essentiel de reconnaître que chaque individu dispose d’un droit légitime de ne pas avoir d’enfants, que ce soit par choix ou par contrainte, sans devoir se justifier face à une pression sociétale ou familiale souvent insidieuse. Ce qui suit n’est pas une agression aux idées reçues mais une métacognition sociétale nécessaire pour mieux comprendre les pensées distinctes de chacun.
Une pression culturelle et religieuse
Que nous soyons croyants ou non, nous restons sous influences partielles des religions dont découle nos civilisations. Les grandes religions monothéistes ont souvent encouragé la procréation, non seulement comme une obligation spirituelle, mais aussi pour garantir leur expansion et leur pérennité philosophique et financière. Des versets bibliques tels que Croissez et multipliez (Genèse 1:28) sont fréquemment cités pour justifier cette injonction à la reproduction dans certaines formations surtout chrétiennes. De manière comparable, l’islam valorise la famille nombreuse, évoquant notamment la bénédiction que représente une descendance et « Et Allah vous a fait de vos épouses des enfants et des petits-enfants et vous a attribué de bonnes choses comme nourriture. Croiront-ils donc au faux et nieront-ils les bienfaits d’Allah ? » (Sourate 16:72). Ce verset montre l’importance accordée à la continuité familiale et aux générations futures. Un hadith (parole du Prophète Mohammed) célèbre affirme : « Mariez-vous et procréez, car je me réjouirai de votre grand nombre au Jour du Jugement. »
Cette influence historique, bien qu’adaptée à des époques où la croissance démographique était nécessaire, mérite d’être revisitée aujourd’hui sans pour autant rejeter la philosophie qui découle des croyances distinctes.
L’augmentation massive de la population mondiale met en lumière des questions éthiques et environnementales : avons-nous encore les ressources pour soutenir une croissance démographique illimitée ?
Un équilibre naturel à respecter
La nature, elle, tend à l’autorégulation. Des études montrent que les écosystèmes s’ajustent pour maintenir un équilibre : plus de proies entraîne plus de prédateurs, mais aussi, paradoxalement, des phases de réduction pour stabiliser les ressources. Il n’est pas déraisonnable de se demander si les défis actuels d’infertilité croissante ne font pas partie d’une réponse naturelle à une surpopulation mondiale et à l’épuisement des ressources.
Un argument économique biaisé ?
Du point de vue économique, on entend souvent que nous devons faire des enfants pour payer les pensions. Mais cette vision linéaire, issue de systèmes économiques basés sur des contributions individuelles, semble ignorer la possibilité d’un retour à un modèle plus collectif. Dans certaines communautés traditionnelles, tout individu, qu’il soit jeune, âgé ou sans enfant, contribue au bien-être commun selon ses capacités : un modèle qui valorise les compétences et l’implication plutôt que le simple rôle de parent.
Aujourd’hui, les allocations familiales et les incitations à la natalité semblent parfois être une réponse court-termiste à des besoins économiques ou politiques, plutôt qu’un véritable choix social fondé sur les priorités environnementales ou éthiques.
Le droit au non-jugement
Il est crucial de souligner le droit des femmes et des hommes à décider de leur avenir sans subir d’interrogations intrusives ou de jugements implicites et encore moins de condamnations aujourd’hui.
Familles très nombreuses ?
Pour une cinquantaine de personnes nonagénaire (ou qui aurait plus de 100 ans aujourd’hui) de familles très nombreuses dans notre échantillon, une seule, oui une seule, a reproduit le schéma de plus de 7 enfants. Dans les familles d’origine occidentale plus nombreuses encore parfois, même à une époque où le contexte économique était favorable, la plupart du temps, le premier et deuxième n’ont soit pas fait d’enfant ou en ont fait maximum 2 car ils avaient déjà eu le rôle de parents de substitution. Chacun a apprécié et était soudé à cette fratrie mais chacun a relevé la quasi impossibilité de se confier aux parents surtout les aînés. Les plus jeunes se confiaient aux aînés (…). Par contre, la plupart de ceux de famille de 4 ou 5 enfants ont reproduit le schéma dont celle de l’exemple en lien des liens sans technologie. Défendre de très grandes familles, pour l’enfant, ne se justifie donc pas vraiment surtout aujourd’hui où les défis éducationnels sont bien plus importants pour les enfants qui devront trouver un travail dans un monde extrêmement informatisé (…).
Famille, couple ou célibataire ?
A contrario, du paragraphe précédent, certaines personnes optent pour ne pas avoir d’enfants pour des raisons écologiques, éthiques, personnelles ou de santé. Elles peuvent également le faire parce qu’elle ne croit pas en leurs capacités, celles du conjoint à être bon parent ou tout simplement dans leur couple. Il peut donc y avoir aussi un manque d’estime de soi qui changerait la vision de la personne dans un contexte psychologique différent.
D’autres n’en ont pas parce qu’elles n’en ont pas la possibilité. Dans les deux cas, ces décisions relèvent de la sphère privée et ne nécessitent aucune justification et l’adoption peut effrayer parfois à cause d’exemple comme celui en lien ou d’autres vus en télévision ou par influence de la génophilie dans notre vie courante (étude sur l’adoption en cours).
Dans d’autres cas, les personnes n’en ressentent pas du tout le besoin. Même s’il paraît facile de mettre l’accent sur un problème psychologique, étant donné qu’il s’agit en réalité d’un besoin animal avant tout, nous pouvons considérer que certaines personnes n’aient pas l’instinct de reproduction du tout et que l’intellectualisation des bienfaits d’une famille ne suffit pas à vouloir d’enfants. Forcer ces femmes à en vouloir peut théoriquement être catastrophique.
Il est temps d’accepter qu’une vie sans enfants est tout aussi valable qu’une vie avec enfants. Même si cela n’est que rarement conscient, posez la question à une femme ou un homme, c’est pour quand ? ne devrait plus être posé de la sorte. Ces mots peuvent être considérés comme des mots qui tuent dans certains cas.
Ne pas avoir d’enfants ne diminue ni l’amour, ni la générosité, ni l’impact positif qu’une personne peut avoir sur sa communauté. Au contraire, cela témoigne parfois d’une lucidité et d’un respect profond pour les générations futures et pour les limites de notre planète mais la joie que peut apporter un enfant dans une famille est une réalité indéniable également. Ne jugeons pas tout simplement mais tentons ou non de comprendre pour ne pas culpabiliser mais peut-être aussi pour aider la personne à y voir plus clair.
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